08.01.2008

Le pays bienheureux

Sur les rimes de "L'Albatros" de Baudelaire


Bien souvent mon esprit part en vagabondage
Vers un endroit béni au-delà de la mer
Où je vais me poser seulette et sans bagage
Trouver l’apaisement et oublier l’amer.

Je me balade alors sur une route blanche
Caressée de lumière et de rayons joyeux,
J’avance d’un bon pas et jamais je ne flanche,
Car ici se situe le pays bienheureux.

C’est un pays de rêve où viennent ceux qui veulent
Oublier de chez eux tout ce qui paraît laid,
Oublier que parfois, d’en prendre plein la gueule,
C’est notre dignité que l’on se fait voler.

Je vous invite tous : traversez les nuées !
Ici vous trouverez tout ce que vous cherchez,
Vos multiples chagrins seront atténués
Et vous regagnerez la force de marcher.

5/01/2008

La chouette

Sur le thème "Je suis un oiseau", poème sans "i"


Cachée dans le clocher sur la place du bourg,
J’attends résolument que descende le jour,
Avant de déployer mes plumes d’angelot
Pour aller à l’affût traquer rats et mulots.
Grâce majestueuse accompagne l’envol
Je peux planer... plonger jusqu’à frôler le sol.

Dans l’Olympe Athéna espère ma venue
Pour envoyer à l’homme un rêve de vertu,
Symbole de sagesse ou même dame blanche,
Je regrette l’horreur que souvent je déclenche :
On me cloue sur la porte en conjurant le sort
Croyant peureusement que j’appelle la mort.

4/1/2008

31.10.2007

Je m'en vais...


Je fuis loin de la vie
J’oublie tous les murs gris
Je m’en vais...

Je laisse les nuages
Et je tourne la page
Je m’en vais...

J’ai mis mes vieux souliers
Mon manteau rapiécé
Je m’en vais...

J’ai fait mon baluchon
Je ferme ma maison
Je m’en vais...

Au hasard des chemins
Qui mènent vers demain
Je m’en vais...

J’ai oublié mes doutes,
Tous semés sur la route
Je m’en vais...

Je sifflote, je ris
Je n’ai plus de souci
Je m’en vais...

Voilà, j’ai tout quitté
Vive la liberté !
Je m’en vais...

23.10.2007

L'automne arrive


L’automne arrive
Et la nature pleure
Avant de s’endormir
Se pare de couleurs
Faites pour nous ravir
Et laisser au rêveur
Merveilleux souvenirs.



L’automne arrive
Les arbres se dénudent
Laissant la liberté
De fuir en altitude
Aux feuilles envolées
Que la bise perturbe
Avant de les jeter.


L’automne arrive
Les oiseaux, à tire d’aile
Traverse notre ciel
Pour retrouver le soleil
Leur pépiement joyeux
Comme pour un adieu
S’élève à qui mieux-mieux.


L’automne arrive
Saison mélancolie
L’automne arrive...

06.10.2007

Amour (carré magique)

Amour
Tu es la quête perpétuelle
Des cœurs amers,
L’espérance des toujours,
La douce étincelle...
Et l’hiver
Se pare de velours,
Elle...
A lui, pour un bonheur offert.

07.09.2007

Le bruit j'adore !

Je sors très tôt tous les matins
Je me délecte des potins
Que va me conter la gardienne
Qui a, du monde, les antennes.


J’entends vrombir l’aspirateur
De Madame Ella Bonumeur,
Son voisin Monsieur Gringalaid
Sur son plafond joue du balai,
C’est qu’il a mauvais caractère !
Mais d’un sourire elle le fait taire,
Ces deux là finiront ensemble
Car les contraires s’assemblent !


Madame Ditou est à son poste :
Elle me voit, elle m’accoste,
Je m’en approche en jubilant,
J’aime son bagou délirant.


Le petit du premier étage
Qui n’est pas vraiment enfant sage,
Fait ronfler son vélomoteur
Et voici que Monsieur Raleur,
A sa fenêtre le menace,
L’autre lui fait une grimace,
S’ensuit alors un flot d’injures :
Moi je rigole, je vous jure !


Ma commère baisse le ton
Pour raconter que le fiston :
« Et patati et patata »
C’est l’antithèse à l’Omerta !


Le chien de Monsieur Canasson
Grogne et aboie sur le balcon,
Monsieur Raleur est en colère,
Tout ce qu’il dit et qu’il suggère
Offusque Monsieur Canasson
Qui lâche alors l’information :
« Si ta femme s’en est allée
C’est parce que tu es cinglé ! »


J’aime le bruit, je vous assure
C’est pour moi une sinécure,
Un café-théâtre de vie
Où j’oublie tristesse et soucis.

04.09.2007

Un fil si ténu

Un fil si ténu me lie à vos vies
Si fin, si fin qu'il en est invisible,
Trop fin, si fin que parfois il se casse
Et demain nous serons loin les uns des autres.


Un fil si ténu me lie à la vie,
Si fin, trop fin et si fragile
Que je le sens parfois près de céder,
Et je sais que je ne suis qu'un oiseau de passage.


Nous sommes tous des oiseaux de passage, demain nous serons loin.*


* Proverbe tzigane

03.08.2007

Un amour de cocher


Un carrosse nacré chemine dans la plaine
Sur l’écran de télé que fixe mon regard.
Si comme Cendrillon, j’avais une marraine
Qui me transformerait en princesse d’un soir ?

Dans la boue du sentier, deux sillons parallèles
Peut-être guideront mes rêves enfantins.
L’éventail à la main comme les demoiselles,
Je cache mon minois sous dentelle et satin.

Une robe de soie ajustée à la taille
Laisse voir le bas du jupon de linon,
Sur les seins blancs poudrés, repose une médaille...
Mais le carrosse arrive à sa destination.

Demain est un grand jour, je rencontre mon Prince,
L’un à l’autre promis lorsque nous sommes nés,
A mirer son portrait, j’avoue, pour lui j’en pince,
Je n’aurais mieux choisi, il m’est prédestiné.

La plume d’aigrette plantée sur le chapeau
Le postillon attend que je veuille descendre,
Je range le portrait de l’homme sans défaut
Qui ressemble au cocher... Mais c’est à s’y méprendre !

Souvent femme varie, on connaît la chanson !
Je jette le portrait, je réponds au sourire
Du cocher si mignon avec son air fripon...
La suite est un secret... Mais n’allez pas médire !

02.08.2007

Que deviennent ces larmes ?

"Que deviennent ces larmes qu'on ne verse pas" disait Jules Renard...

Que deviennent ces larmes
Que l’on ne verse pas ?
Teintent-elles de parme
Notre cœur aux abois ?

Que deviennent ces larmes,
Goutte à goutte d’émoi ?
Un torrent de vacarme
Bâillonnant nos tracas ?

Elles sont le souvenir
Que l’on voudrait bannir,
Perlettes de souffrance...

Mais les garder en soi
Permet la survivance
D’une histoire d’autrefois.

2/08/2007

07.07.2007

Anna


Les hanches rondes, les seins généreux
Elle était la vraie Mama italienne
Elle avait dans le bleu de ses yeux
Tout l’azur de son île sicilienne.

La langue aiguisée, les mots venimeux,
Pourtant elle était fervente chrétienne,
L’esprit en alerte et le cœur aux cieux
Elle nous clouait d’une flèche sienne.

Son regard si vif un jour s’est éteint
Et j’ai su : bientôt, ce serait la fin,
Son histoire serait vite oubliée.

J’ai voulu que dure le souvenir,
Que tous mes aïeux soient dans l’avenir :
Générations l’une à l’autre liée.

7/07/2007

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